Films d’artistes

J’ai réalisé ces films entre 2002 et 2014 pour des artistes peintres, sculpteurs, plasticiens  qui exposaient  au Centre Culturel Bellegarde a l’Espace Bonnefoy et au Centre Culturel Alban Minville  à Toulouse.

Olga Vieco, scénographe de la matière

« Olga Vieco nous dévoile un jeu, où le choc des matières provoque la toile. Sur des aplats infinis, des éléments hétéroclites se combinent dans l’espace pictural. Des réminiscences aux formes animales jettent comme des repères tangibles au cœur de l’abstraction. Elle crée des connivences figuratives et conceptuelles et recompose la dynamique du lieu. Olga Vieco donne une troisième dimension à la matière, elle la malaxe, la réduit, l’étale et la creuse pour y laisser sa trace. Elle en sublime la transparence… »
Bernard Escudero

Peter Bol

« Mes tableaux, j’espère, n’ont pas l’air de faire partie d’une quelconque époque. Ni future, ni passée. Et surtout pas dans les chimères d’aujourd’hui. Mes peintures n’offrent pas une illusion de la réalité. Elles sont le portrait de la vie, une fenêtre donnant sur l’éternité. J’observe les choses avec des yeux heureux, comme elles se manifestent à moi, à moi seul, d’après leur vraie nature et leur origine la plus profonde ».

Richard Vincent

« Pour présenter mon travail il me semble indispensable d’évoquer ce qui le nourri.

Au début, du moins je le crois, il y a tout le cinéma français des années 30. Celui de Julien Duvivier, de Marcel Carné et de Jean Gremillion. Cinéma en noir et blanc totalement pessimiste. Il y a aussi les décors de Trauner, le fameux immeuble où habite Gabin dans « Le jour se lève ». Tout cela dialogue avec « Le voyage au bout de la nuit » de Louis Ferdinand Céline.

Ce pessimisme aboutissant à la poignée de main de Montoire, la France, cette fois, sans talent, s’enfonce dans la pire nuit de son histoire.

Tout cela devient « visible » sous différentes formes. La représentation d’une chaise par exemple, renvoie de façon silencieuse à toute cette époque. »

Gilbert Legrand

 » Le grand show des petites choses »

« Depuis quelques années, pour m’évader des contraintes habituelles de mon métier d’illustrateur sur ordinateur, je réalise des sculptures à partir d’objets usuels.

En observant tous ces ustensiles qui nous entourent je me suis découvert une passion enfantine à dénicher en eux une existence secrète. A l’aide de la peinture et du collage, en jouant sur le quiproquo visuel, je les pousse à révéler cette autre identité et a constituer ensemble une nouvelle famille de personnages touchants et drôles »

Paul Chollet

« Il est difficile de parler de soi, même au travers des autoportraits. Par contre il est possible de décrire les moyens utilisés pour les réaliser et aussi les raisons de ce travail (très brièvement).

Pourquoi une telle répétition, un tel acharnement à se représenter soi même ?

C’est comme une découverte, ou plutôt une redécouverte, après un problème, un moment difficile. C’est retrouver une certitude, la connaissance de soi au travers du visage (en particulier), une affirmation de soi ;

La matière utilisée d’abord fluide avec des encres permet d’aborder les différentes expressions du visage, rapidement. Puis la matière, plus forte avec des cendres colorées fixe avec plus d’intensité de fermeté cette expression….à suivre »

Claude Jeanmart

Claude Jeanmart a abordé les technologies nouvelles avec transport sans renoncer à l’exercice de la peinture ni au dessin. Voila une attitude irrégulière qui rend son entreprise intrigante et voila qui en fait une source infinie de fascination.
Il s’est donné pour unique ambition de réécrire les récits de Franz Kafka en les transposant dans un champ spéculatif improbable et qui n’appartient qu’à lui. Les images de synthèse qu’il conçoit dans cette optique ne sont pas des paraphrases pas plus qu’elles ne sont de pures et arbitraires extrapolations. Elles mettent en scène ces histoires d’abord en accentuant leur caractère absurde et étrange. Ensuite, il se comporte comme s’il était un personnage de la fiction. Enfin, il utilise des fragments de texte de la nouvelle ou du roman qu’il investit comme pour rendre plus saillante la contradiction entre les deux instances qu’il convoque et qui deviennent dès lors indissociables.

Gérard Georges Lemaire (Paris, janvier 2006)

Mel Klapholz

« Entre 1972 et 1983, je peignais uniquement des paysages. Ces compositions, souvent de grand format, étaient traitées en « à plat », épurées, certaines presque abstraites.Peindre les personnes commençait à me manquer, et vers 1983, j’ai commencé à introduire des petites figures dans quelques paysages.En 1984, je suis revenu aux USA, pour un an. Là j’ai rompu complètement avec le paysage.Je me suis consacré au portrait et aux scènes urbaines à Washington DC où j’avais un atelier.Depuis 1993, j’habite dans le Gers. Les scènes de mon entourage sont alors devenues sujets privilégiés et mes voisins sont devenus mes modèles.Depuis lors et actuellement, le portrait est redevenu un de mes sujets de prédilection.Dans le visible, le plus important et le plus difficile à peindre, c’est l’invisible… »
Mel Klapholz
Avril 2007

Frédéric Fau

« Ma peinture, laquée, brillante, s’affirme dans sa matérialité, tout en proposant au regard des paysages incertains. Les gestes se répètent, s’articulent, la matière s’étend en flux contrôlés. D’un rapport à la fois intuitif et distancié au tableau émergent des possibilités, autant d’images affirmées ou déroutées par des décalages et des digressions. »

Bruno Foglia

« Je fais de la peinture d’improvisation à la manière d’un musicien.

J’essaie de me mettre chaque jour en danger en m’aventurant dans un espace inconnu, afin d’être sans cesse en déséquilibre évitant ainsi l’ennui et les pièges des habitudes et du métier. Je distille sur le papier quelques notes et phrases rythmiques qui trouveront plus tard leur cohérence sous mon pinceau de chef d’orchestre.

Je veux oublier le plus possible mes connaissances pour que l’improvisation se développe grâce à mon intuition. Je travaille en pleine nature, elle est presque toujours le prétexte et le sujet initial. Je ne sais jamais à l’avance quel chemin je vais prendre et où me mènera une journée de travail. J’aime être surpris à l’écoute de mes peintures comme si elles étaient l’œuvre d’un autre « compositeur ».

Je ne cherche rien d’autre qu’à développer mon instinct de peintre. »

Elisabeth  Champierre

« Y a-t-il vraiment des peintres autodidactes ? d’une certaine manière, il y a toujours rencontre et affinités.
Mais à cette réserve près, elle s’est faite toute seule.
Un beau jour, elle a plongé avec force et joie dans une peinture solide où l’agencement savant, l’utilisation de l’espace sont à découvrir derrière les libertés et les inventions. La matière et les grandes surfaces colorées animées par des noirs profonds, sont une gestualité vraie. Tout cela concourt à une déduction architecturée et sans mièvrerie.
Sa peinture, d’une figuration libre et parfois seulement allusive, éclate avec une volupté qui appartient à sa nature, à ce plaisir de peindre qui sait conjuguer règle et émotion ».

Christian Schmidt

Marion De Colombel

« Marion de Colombel fabrique, manipule, bricole, triture…le quotidien depuis toujours.

Dans cette installation, on retrouve plus de 4000 petites sculptures faites de papier froissé. De beauté glacée aussi, devrais-je dire. Posée à même le sol, une multitude de portraits de femmes et seulement de femmes, froissés à la main, un par un. Un travail de précision à la fois violent et délicat qui image un fragile équilibre, toujours prêt à se rompre.

C’est à nous même que l’on se confronte, en voyant cette foule de beautés détestables, d’une statuaire rigidité. Oui, à nous mêmes, tel l’effet d’un miroir, révélateur de nos travers dans cette société de consommation …Et cette volonté de casser les fantasmes de l’irréel et de l’immortel, elle est là, dans la bouche de l’artiste, fraîchement issue des Beaux-arts.
Une mise en espace pleine de sens… »

Carole Lafontan

Michel Cure

« La peinture n’a rien à voir avec les images. Elle n’est pas le reflet d’une réalité, elle est une autre réalité »

Catherine Guiraud

Ma peinture, qui était à l’origine figurative, a laissé place depuis longtemps à un travail abstrait dont les préoccupations sont le plus souvent: la transparence, l’expression de la lumière par le contraste, le rythme, l’énergie graphique dans la peinture.

Je travaille à l’acrylique fluide, dans des couleurs terres , les blancs , les noirs, et les gris chromatiques sur le support « toile » retravaillé au gesso (enduit du support) et papier marouflé dans la couche picturale

Benoit Lemercier

Pour construire son travail plastique, Benoît Lemercier s’est rapproché de l’univers des sciences, en particulier celui lié aux recherches fondamentales actuelles.
Afin de parcourir un voyage au cœur de la matière, il a organisé et divisé sa production en séries. Chacune d’elles est inspirée par une problématique scientifique :

– vers l’infiniment grand : la série Hypercube donne à voir la quatrième dimension spatiale et propose un ensemble de sculptures géométriques, angulaires et de couleur noire, qui ouvrent des perspectives et des lignes de fuite vers l’infini.
– vers l’infiniment petit : la série Supercordes, basée sur la théorie quantique du même nom, rend visible, à travers un entrelacs de rubans blancs, les ondulations infinitésimales du plus petit constituant de la matière.

Les sculptures sont toutes fabriquées en acier, mais chaque série fait appel pour sa construction à des techniques de fabrication spécifique. L’exposition à Bellegarde propose un ensemble de sculptures « Supercordes ».

Cette exposition est le fruit d’une collaboration avec l’Espace Croix Baragnon dans le cadre d’expositions : « Abstraction du nécessaire » La Galerie du château d’Eau sera partenaire à la même période de cette approche de l’abstraction.

Olivier Subra

Exographies

La plume gratte le papier : des petits traits vifs, inlassablement répétés et enchevêtrés ou de longues courses à travers les multiples zones encore vierges. Les traces précédemment établies importent souvent peu et n’ont que ponctuellement valeur de limites. Tout au plus marquent-elles des étapes de ce que le dessin aurait pu être, de ce qu’il a été pendant un moment. Bon an mal an, la figure se constitue; changeant souvent plusieurs fois d’aspects ou de dimensions, elle s’ouvre et se défait d’un côté pour se refermer d’un autre à travers d’épaisses zones de noir. Les traces se multiplient, les zones aussi parfois et, finalement, une image se constitue : l’assemblage hésitant d’éléments semble avoir trouvé sa place, pris ses marques dans le support. Une forme s’impose, à travers ou malgré les traces de ses différentes évolutions, évoquant vaguement quelque réalité nommable, mais toujours de loin. À l’instar des petits assemblages en volume ou des gravures, ces images ne représentent rien ; tout au plus se contenteraient-elles de suggérer, d’évoquer pour, discrètement, imposer leur propre réalité

Pascal Vochelet

La création d’une peinture est envisagée comme un jeu, et je puise dans ce qui me constitue, mes joies, mes doutes, mon assurance, la chanson française, la musique en générale, Ariane, tous ces fils dont nous sommes convaincus qu’il faut les vivre en équilibre ; comment ne pas faire autrement. Le terreau de ma peinture se confond avec les histoires lues, mes amitiés, les rencontres, une déambulation…suivez les pointillez : voici autant d’acquis culturels et sensoriels qui nourrissent mon imaginaire et se cristallisent en images.

Daniel Gerhardt

Même si le doute m’assaille avant et pendant toute nouvelle réalisation aventureuse, l’imagination pure se nourrit de la pure action d’entreprendre; cet état d’insécurité lié à la dispersion, à l’intermittence, à l’éclat fragmenté des images est cependant un mouvement irrépressible dans le bonheur d’une fascination de l’instant . Avant cela, il y a une espèce de physico-chimie de l’action : d’abord une transmutation de la chair amorphe de la peinture par l’action thermodynamique du peintre; il s’ensuit un envahissement de la toile par un frémissement chaotique de traces qui progressivement s’ordonnent, s’informent en une mise en forme jusqu’à ce que l’objet et le sujet du tout se confondent en une unité plastiquement acceptée ; une petite métaphore biotique soulignerait que le passage d’une entropie positive vers une néguentropie accompagné du grain de sel de 40 ans de manie de celui qui se projette pour élaborer l’ensemble devrait humblement laisser une chance à l’image de faire œuvre et sortir de l’atelier.

Jacques Trouvé

Je suis très attaché au dessin
au risque de paraître démodé
au métier aux outils « primitifs »
que sont les fusains les pinceaux
aux bruits aux odeurs

j’aime que le trait de fusain
reste présent dans la composition
qu’il ne soit pas « mangé » par la couleur

j’ai depuis une dizaine d’années
adopté le carton d’emballage
pour sa couleur pour sa valeur ni claire ni foncée
qui me permet l’utilisation du blanc et du noir
son manque de « noblesse » me convient parfaitement

Isabelle Barruol

J’emprunte à la nature des parcelles de générosité dans une quête de matière immuable où imprimer les sensations. Un travail où fibres et végétaux sont à la fois sujets d’observation et matières premières de fabrications. Souvent réalisé en extérieur avec des matériaux trouvés sur place, il se nourrit d’espace et de lumière. Par cette appropriation, la nature devient nourriture première et source de réminiscence, pour moi le lieu où réinitialiser les sensations face à l’oxydation des souvenirs.

L’empreinte, comme la photographie, fixe le présent dans un instantané de vie et donne à voir du toucher en créant l’abstraction picturale, sorte de linceul joyeux du souvenir. On pourrait aussi parler d’impressions, c’est à dire ce qui reste d’une part sur la toile par la création d’une écriture aléatoire, et d’autre part dans nos mémoires après le passage du temps et de l’oubli, toutes ces choses ignorées qui nous fondent.

Duo Dualité, un chemin entre Toulouse et Istanbul

Ce travail artistique (Installations photographiques, image, écriture, son) réalisé par deux photographes toulousains, porte sur la combinaison et l’interprétation de deux langages, de deux visions, de deux expressions d’un univers très personnel. Un homme, une femme, un duo, une dualité.

Christophe Pons

« Au bout du chemin il y eut la lumière et les visages amis
Tant de routes sous les nuées, nuages, orages, paysages
Ruissellent et irriguent les fleuves charriant mes esprits
Les vies arides s’aspirent au travers des corps sans âge
Les dos qui ploient sous les douleurs sous les sueurs,
Le désir s’enlace aux lacs profonds d’une nuit glaciale
Où grondent les terres écorchées, enracinées d’ampleur
Éreintées en cascade du souffle des rizières domaniales
Nul ne sait
Nul ne voit
Et de sentir les gens qui transpirent
Et de lécher les eaux qui s’évaporent
Du principe granitique
Il n’y a qu’un pas
Aux particules cendrées
Il y a mille morts
Seul d’une entaille éblouissante
Une lueur, un visage, un instant
Tant d’éclats dispersés dans le paysage. »

Jean Pierre Delormas

Marie Ciosi

Marie Ciosi est née à Alger. Une enfance partagée entre la vie algéroise de la fin de la guerre et des grandes vacances en Corse la placent précocement devant les signes d’une Méditerranée contrastée à la douceur immuable et à la violence imprévisible.

Ses études universitaires d’italien et d’arts plastiques à Paris, des séjours multiples en Italie, en Grèce puis en Espagne, au Maroc, en Egypte…élargissent encore ses horizons. Aux lignes brisées de l’histoire, elle préfèrera les contours fluides de l’anecdote qui opposent à l’usure des temps le polissage d’une vie méditerranéenne rapprochant tous ses rivages.

Au fil des ans, ses techniques se diversifient, peinture, linogravure, dessin, assemblages. Depuis peu elle expérimente l’association linogravure/travail numérique /digigraphie. Elle mène aussi une activité d’illustratrice d’édition et d’affichiste et enseigne l’illustration dans une école d’arts graphiques et de communication visuelle à Toulouse.

Son atelier est installé à proximité de Toulouse.

Virginie Loze

Les dessins de Virginie Loze, puissants moyens d’expression, questionnent avec cynisme et dérision les menaces qui défient l’individu et les atteintes portées à son intégrité.Le dessin, permanent dans sa démarche est associé parfois à d’autres médias. Des projections vidéo sur le dessin complètent sa lecture ou bien des formes en relief sont juxtaposées au dessin.
Réalisant une œuvre singulière, exigeante, sans concession, l’artiste explore à la fois de manière analytique et inconsciente, des sujets sociaux, politiques, religieux avec une grande maîtrise du dessin et une évidente spontanéité. Ses lignes se révèlent de faille et de fouille. Elle extirpe les traits intoxiqués d’une humanité grimée dans sa caricature. Elle gratte l’image et touche du doigt la plaie de l’icône.

Virginie Loze a été présentée, notamment à « Absolumental » en 2006, au Musée d’art moderne et contemporain Les Abattoirs de Toulouse, lors du « Printemps de Septembre » 2005 à Toulouse, à l’exposition « Draw » en 2005, à la galerie Agnès B à Paris.

Claude Cornu

Portraits de femmes: chaque toile tendue sur le châssis porte dans son tissage les motifs répétés qui font de la robe qu’elle supporte une robe à fleurs. Les fleurs sont ici comme le moyen d’évoquer un paysage et d’y intégrer des personnages féminins. Chaque tissu, par sa matière, son décor, sa couleur est en accord avec le caractère de la robe.

Mais ces peintures ne sont pas simplement l’image d’une robe, elles se veulent être le portrait de la femme qui a choisi cette robe en accord avec elle-même, avec son corps, avec sa personnalité. Elles se veulent être complètement son portrait, tant il est vrai que le vêtement , enveloppe du corps peut aussi en être sa représentation symbolique.
La souffrance que crée la nécessité de se séparer des vêtements d’une personne aimée et disparue en est bien la preuve .

Les robes qui m’ont servi de modèle ont une histoire. Rencontrées chez les Emmaüs de Pontigny dans l’Yonne ou de Esvre en Touraine ou chez les fripiers des marchés de Sens ou de Joigny, elles ont été portées par les femmes qui les avaient choisies. Elles en sont la mémoire. Mais si ces robes symbolisent leur corps, si elles en sont la mémoire, elles en soulignent en même temps l’absence.

Dans la partie haute de la toile , le graphisme noir de la robe reste dans le plan et s’apparente aux tracés des patron de mode. Dans le bas de la toile , la robe prend du volume, sort du plan. Le corps l’habite encore .

Exposition programmée avec le Musée départemental du textile de Labastide Rouairoux et l’Espace Saint Cyprien(Toulouse) dans le cadre de la manifestation Pénélopée matière à mémoire, projet pédagogique « couleur et matière » autour des archives du Musée

Chantier ouvert au public

J’ai réalisé cette vidéo a l occasion de la dernière fête avant démolition du centre culturel Alban Minville Mirail Toulouse. Les artistes toulousains et les associations du quartier investissent le parking en sous sol ou fonctionnaient encore un commerce et un lieu de culte

Joseph Clemente

« Un artiste est un enfant expérimenté. » Peter Brook

Je suis né dans une communauté d’exilés rassemblés dans un village du Sud-Ouest où mes parents (mère asturienne, père andalou) se sont rencontrés. Les années 50 : je me souviens d’une grande maison pleine de bruits,de discussions, de rires, où transitent clandestins, militants républicains,
déracinés plus récents…Avant de savoir lire et écrire, fasciné par les gestes et les traces de l’écriture, je remplis des pages de signes en forme de lettres inventées. Fasciné par le dessin, je reproduis les caricatures des journaux et les héros des illustrés. Plus tard, je reçois d’autres chocs, d’autres leçons : MATISSE, LÉGER, HANTAÏ, HÉLION, KLEE, les Espagnols : GRIS, SAURA, TAPIÈS, MILLARES, CHILLIDA, ARROYO (et bien sûr, le vieux Pablo, si souvent visité calle Montcada), les Toulousains : MARFAING, FAUCHÉ, GUÉRIN, PRADAL, GINER, SALILLAS.La fascination est toujours là : ADAMI, BIOULÈS, SEGUÍ, BRAUN-VEGA…Tous m’aident à voir, à sentir le monde. Ils nourrissent ma peinture.

Philippe kurtzemann

né le 26 mars 1960 à Sainte Marie-aux-Mines, Haut-Rhin, France ; Arts décoratifss de Strasbourg, Beaux-arts de Paris, de Strasbourg et de Mulhouse. Peintre Il est aussi installationniste, performeur photographe et videaste

Alain Garrigue

Alain Garrigue a loué un atelier à New York, entre 2007 et 2009. L’exposition à l’Espace Bellegarde présente les travaux réalisés à Brooklyn durant cette période. Une série de toiles ainsi qu’un récit, « Broken Brooklyn », sorte de journal de travail halluciné ponctué de photographies restituent sa vision kaléidoscopique de la Grande Pomme : « Rues où je déambule.

New York semble constituée d’une matière dont l’émergence aurait déterminé soudain son existence. La ville entière est du bruit solidifié. Certaines villes sont plates, hautes, froides, distantes, échevelées, d’autres sont moussues ou au contraire minérales ; New York est, dans sa structure même, du pur boucan. Les rues sont un appel. Autant d’immeubles, autant de cris. Des strates de hurlements superposés qui, au final, emplissent l’air en cristallisant immédiatement, comme un béton à prise rapide. Chaque coup de klaxon ajoute une brique et tous les dix coups la stridence flottante d’une sirène de flics ou d’ambulance vient déposer tout un étage supplémentaire de ciment et de fer. D’un claquement sec, d’une brève interjection lancée contre un mur, se plantent rivets et clous, s’insèrent profond boulons et poutrelles IPN. Tous hurlent plus haut, plus fort ; les piaillements s’enchevêtrent les uns aux autres et de cette anarchie de sons trop saturés naît une architecture du bruit. Une géométrie de l’écho .(…) Tout coule, gronde, stridule, malaxe, vocifère, déverse, crie et s’encastre.

Je viens de peindre un petit tableau que j’appelle : « Brooklyn Desiderata ».
Il est six heures du matin. Je me prépare un café et je monte le siroter sur le toit, les « Lettres intimes » de Stendhal dans la poche, face au pont de Williamsburg. »


Gérard Marty

Je peins depuis longtemps sur du papier. Je trace, je noircis, je dessine sur du papier qui a déjà vécu, sali, jauni, peint et repeint, déchiré. Il est important pour moi que ce papier ne soit plus vierge ! Je ne peux pas peindre sur une toile… Trop lisse…
Ma démarche artistique est basée sur la conception du regard. À travers le trait, le mouvement du pinceau, l’épaisseur et le cadrage, je veux marquer le regard d’un voyeur ou d’un spectateur fictif.
Mes images montrent des lieux, chambres, rues, paysages où il y aurait pu avoir des gens qui ne sont plus là. Cette sorte d’absence invite le public à regarder avec son imagination, à projeter ce qu’il aurait pu y avoir… Je pars aussi de l’image photo, que je dessine au trait noir en recadrant et en interprétant cette image plate de l’appareil numérique. Le résultat est souvent du domaine de l’inconscient, car je me mets dans un état de dessin automatique. Il relève aussi du croquis pris sur le vif, du dessin de carnets. En dessinant, je suggère mais je ne montre pas, je renvoie le «regardeur» à son propre imaginaire, à ce qu’il est lui ! Dans mon dessin, il ne se passe rien, que peut-être de la banalité, de la cocasserie ou de la mélancolie, des dérapages de la vie quotidienne.
Le dessin pour moi devient véritablement écriture, de par son trait. Et c’est là que se situe la frontière avec la bande dessinée où un autre genre émerge. La bande dessinée a totalement renouvelé ses modes d’écriture et d’organisation graphique. Le dessin (l’image dessinée) est devenu une autre manière d’écrire, il n’est plus la simple illustration d’un scénario. Quand je dessine, je raconte une histoire et quand j’écris, le texte est de même force que l’image. Ce n’est pas une image légendée mais plutôt des phrases, des aphorismes méditatifs, des slogans tortueux, des maximes rêveuses qui révèlent les non-dits, qui cachent des réflexions douces amères

Nathalie Rak

D’inspiration baroque, puisant ses sources aussi bien dans l’art populaire, singulier ou contemporain, mon travail se situe entre le modelage et l’ouvrage de dame. Le textile est devenu mon matériau de prédilection depuis une dizaine d’années, l’espace domestique, mon air de jeux. Je l’appréhende sous différents angles, en essayant de créer un décalage où se côtoient l’ironie et l’humour.

Mes travaux jouent d’un artifice décoratif et s’articulent autour de l’idée du foisonnement, de l’orgie, à travers l’humain, la faune, la flore et leurs métamorphoses. Ils ne cessent d’interroger les liens qui nous unissent au monde.

Les hybridations, issues de registres culturels et sociaux très divers, me permettent d’élaborer un vocabulaire de formes variées et d’accéder à un univers sensible où les repères se perdent, où l’étrangeté se mêle à la familiarité.

De cette profusion et du mélange des formes et des couleurs naît un ensemble parfois déstabilisant qui laisse le spectateur mal à l’aise…ou pas

http://www.dailymotion.com/video/x2e4oaf_foltete

Claire Foltête

Mon enfance a longtemps été circonscrite à un univers féminin constamment « occupé aux ouvrages ». Attirée très tôt par la peinture mais n’ayant aucune formation, j’ai décidé de travailler avec et autour du motif décoratif que je connaissais si bien et développer un travail sous-tendu par cette pratique. Me calquant sur celle-ci, j’oscille constamment sur la fragile frontière entre les préoccupations du peintre et celles de la brodeuse sans jamais céder à l’une ou l’autre activité. Sans souci d’économie de temps, j’explore les nombreuses façons de m’en rapprocher : « … Tout en perdant du temps Claire Foltete peint, insiste, coupe, colle, multiplie, découpe, juxtapose, plie, use, colore, coud, noue, répartit, roule, recolle, ruse, aligne, compose, joue, déroule, déplie, cloisonne, marque, explique que la peinture est comme un bas de femme qui cache, qui montre et qui file parfois… ».(*)
Par glissements successifs, mes simples travaux deviennent tableaux et conservent, empreints sur leurs supports, les stigmates de leur origine : rapport étroit avec le tissu, le point, le trait (détail au service de l’ensemble), approche très lente du résultat par des traitements astreignants – piquages, remplissages au trait, balisage des formes – . Ils contribuent à renforcer mon questionnement face à l’activité du peintre, de la peinture au féminin, ainsi que de son rapport au monde actuel surchargé d’images, de sons et de communication immédiate. Le passage au motif « naturel », décor luxuriant, image portée d’une nature complexe et familière, s’est imposé avec ma vie à la campagne. Sans que je m’en rende vraiment compte ce contact perpétuel mais pas toujours souhaité ainsi que mon isolement m’aidaient à développer et ouvrir plus largement ma pratique. L’utilisation du crayon de couleur sur des toiles à peindre souligne la précarité de mes approches maintes fois renouvelées de la peinture.
Les installations de pliages – motif lino gravé reporté et multiplié sur papiers – élargissent le support-ouvrage à la dimension du sol ou du mur comme la nappe ou le voile qui en couvriraient la surface.

(*) Jean-Louis Vila «La femme d’Ulysse » Juillet 1997.

Claude Fournié lecridelarbre@gmail.com

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